Pour beaucoup d’entrepreneurs, la croissance est perçuecomme un indicateursimple :plus de chiffre d’affaires, plus de clients, plus de collaborateurs.
Mais aux États-Unis, la croissanceentraîneaussiune augmentation progressive de la complexitéfiscale, financière et opérationnelle. Et cetteréalité est souvent sous-estimée par les dirigeants français.
Créer de la croissance ne signifie pas automatiquementcréerdavantage de valeurnette. Une entreprisepeut se développerrapidement tout enfragilisantsa structure, sarentabilitéou son patrimoinesicettecroissancen’est pas correctementanticipée.
1. Plus de revenussignifiesouvent plus de complexité
Aux premières étapes d’uneactivité, la gestion fiscale et administrative resterelativement simple. Mais à mesurequel’entreprise se développe, plusieurs couches supplémentairesapparaissent :
fiscalité multi-États,
obligations déclaratives,
gestion RH,
structuration des flux,
conformitébancaire,
gouvernance.
Aux États-Unis, chaque État applique sespropresrèglesfiscales et administratives. Une société peutdevenir imposable dans un nouvel État simplementparcequ’elle y emploie des salariésou y génèreuneactivité significative.
La croissance ne créedonc pas uniquement des revenussupplémentaires. Elle augmenteaussi le niveaud’expositionréglementaire.
2. Le coût du recrutement est souvent mal anticipé
Beaucoup d’entrepreneursraisonnentprincipalementensalaire brut lorsqu’ilsrecrutent. Or, aux États-Unis, le coûtréel d’un collaborateurinclut bien davantage :
payroll taxes,
assurance santé,
plans retraite,
bonus,
coûts de conformité RH,
mécanismes de rétention.
Le systèmeaméricain repose largement sur des avantagesfinancés par l’employeur, notamment pour l’assurance santé et certainsdispositifsd’épargneretraite.
Source : https://www.dol.gov/general/topic/retirement
À mesurequel’entreprisegrandit, cescoûtsdeviennentstructurels et peuventpeserfortement sur la rentabilitési la croissancen’a pas étécorrectementcalibrée.
3. Une croissancerapidepeutcréeruneinefficacitéfiscale
Une structure adaptée à une petite activité ne reste pas nécessairementpertinentelorsquel’entrepriseatteintune taille plus importante.
Certaines sociétés continuent à fonctionner avec une structure choisie au démarragealorsmêmeque :
les flux augmentent,
les associésévoluent,
les distributions deviennentsignificatives,
ouque des investisseursentrent au capital.
Le risquen’est pas uniquement de payer plus d’impôts. Le risque est surtout de créeruneorganisationdevenueinadaptée à la taille réelle de l’entreprise.
Dans un contexte franco-américain, cetteproblématique est encore plus sensible car la fiscalité doit êtrecohérente dans les deux juridictions.
Source : https://www.impots.gouv.fr/les-conventions-internationales
4. La croissancepeutaussifragiliser le patrimoine personnel du dirigeant
De nombreux entrepreneurs réinvestissentmassivement dans leur société sans structurer parallèlementleurpatrimoine personnel.
Résultat :
forte concentration du risque,
manque de diversification,
dépendance à la valorisation de l’entreprise,
faibleliquiditépersonnelle.
Or, plus l’entreprisegrandit, plus le patrimoine du dirigeantdevient exposé à :
un risquesectoriel,
un risquejuridique,
un risque de marché,
ou un risque de transmission.
Une stratégiepatrimonialeéquilibrée doit progressivementpermettre de transformer unepartie de la valeurcrééeenactifsdiversifiés.
5. Le coûtinvisible : le manque d’anticipation
Le principal coût de la croissancen’est pas toujours fiscal ouopérationnel. Il est souventstratégique.
Beaucoup de dirigeantsattendent :
une levée de fonds,
une cession,
un contrôle fiscal,
ou un retour en France
… pour structurer leur situation.
À cestade, les marges de manœuvresontsouvent plus limitées.
Une croissance bien pilotée suppose au contraire d’anticiper :
les besoinsfuturs,
les flux de trésorerie,
les enjeuxsuccessoraux,
les changements de résidencefiscale,
et la stratégie de sortie.
6. Une croissance saine resteunecroissancestructurée
Grandir plus viten’est pas toujoursl’objectif le plus pertinent.
Une croissance durable repose généralement sur plusieurséquilibres :
croissance et rentabilité,
optimisation et flexibilité,
développement et protection patrimoniale,
ambition et gestion du risque.
L’objectifn’est pas seulementd’augmenter la valeur de l’entreprise. Il est aussi de préserver la qualité de cettevaleur dans le temps.
Conclusion
Aux États-Unis, la croissancepeutêtrerapide, maiselle a un coûtréelsouvent sous-estimé par les entrepreneurs français.
Fiscalité, conformité, recrutement, structurationpatrimoniale et gestion du risquedeviennentprogressivementaussiimportantsque le développement commercial lui-même.
Une entreprisepeutcroîtrerapidement tout enfragilisant son dirigeantsicettecroissancen’est pas accompagnéed’uneréflexionstratégiqueglobale.
Le véritableenjeun’estdonc pas seulement de faire grandir son entreprise.
C’est de faire grandirsavaleur de manière durable et maîtrisée.
Olivier SUREAU
CPA® Expert comptablediplômé
Associé, USA France Financials™
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